
Le marché mondial des fertilisants continue d’être influencé par plusieurs facteurs économiques, énergétiques et géopolitiques qui façonnent les prix et la disponibilité des principaux nutriments agricoles. Après les importantes perturbations observées entre 2021 et 2023, la situation s’est stabilisée, mais la volatilité demeure présente et exige une gestion attentive des approvisionnements.
Azote
Le marché de l’azote est actuellement orienté à la baisse grâce à une bonne disponibilité des produits et à une demande plus calme. Toutefois, les prix demeurent sensibles au coût du gaz naturel, aux tensions géopolitiques et aux enjeux logistiques mondiaux. Bien que l’approvisionnement soit généralement adéquat, un rebond des prix demeure possible à l’approche des achats d’automne.
Phosphore
Le phosphore demeure le segment le plus à risque pour l’automne 2026. Les restrictions d’exportation de certains producteurs majeurs ainsi que les coûts élevés du soufre et de l’ammoniac, éléments essentiels à la fabrication des engrais phosphatés, continuent de soutenir les prix. L’offre est présente, mais le marché dispose de peu de marge en cas de perturbation.
Potasse
La potasse bénéficie d’un marché plus équilibré grâce à une forte production canadienne et à une chaîne d’approvisionnement diversifiée. Les risques en lien avec la disponibilité demeurent faibles et les prix devraient rester relativement stables comparativement à ceux de l’azote et du phosphore.
Comment les producteurs peuvent-ils se prémunir contre ces risques ?
L’objectif n’est pas d’éliminer le risque, mais de mieux le gérer. Dans le contexte actuel, plusieurs stratégies peuvent réduire l’impact des hausses de prix ou des problèmes d’approvisionnement. En voici quelques-unes :
1. Échelonner les achats
Plutôt que de tout acheter au même moment, plusieurs producteurs répartissent maintenant leurs achats sur plusieurs mois.
Avantages :
• Réduit le risque d’acheter au sommet du marché.
• Permet de profiter des replis de prix.
• Favorise une meilleure gestion de trésorerie.
2. Procéder tôt à l’achat des produits les plus à risque
Selon les perspectives présentées, le phosphore et certains engrais azotés demeurent les segments les plus susceptibles de subir une hausse ou des tensions d’approvisionnement. Une couverture partielle des besoins à l’avance peut donc être avantageuse.
3. Optimiser l’efficacité des engrais
L’objectif n’est pas seulement d’acheter moins cher, mais de maximiser l’utilisation des nutriments. Par exemple :
• Fractionnement de l’azote.
• Positionnement adéquat des applications.
• Utilisation d’inhibiteurs ou de technologies améliorant l’efficacité lorsque justifiée agronomiquement.
Une meilleure efficacité permet souvent de compenser une partie de la hausse des prix des engrais.
Sources : FAO, Banque mondiale, IFASTAT, USDA Economic Research Service, UNCTAD, Rabobank Fertilizer et Argus Media.