
L’automne, quelle belle saison ! Je sais, on ne chôme pas avec les récoltes et tous les travaux qui s’y rattachent. Mais, pourquoi ne pas réfléchir à l’idée d’inclure un brûlage automnal dans notre stratégie phytosanitaire ? Ça peut être payant de le faire, surtout en travail minimum ou en semis direct, après avoir identifié les mauvaises herbes présentes au champ lors des récoltes.
Certaines mauvaises herbes sont beaucoup plus faciles à contrôler l’automne. On peut penser au pissenlit ou encore à la vergerette du Canada. Prenons le pissenlit : au printemps, même avec une dose supérieure de glyphosate, il est très difficile à contrôler. Tandis qu’à l’automne, une petite dose suffit (0.67 L/ac de glyphosate 540 g/L). C’est à peu près la même chose avec la vergerette du Canada.
De plus, lorsqu’on est en travail minimum (ou en semis direct), le brûlage d’automne devrait être un incontournable. Bien souvent au printemps, plusieurs producteurs en travail minimum ne font pas de brûlage avant de semer, parce qu’ils ne voient pas beaucoup de mauvaises herbes ou parce qu’ils manquent de temps, tout simplement. Lorsque la culture lève, il n’est pas rare d’être envahi par les mauvaises herbes assez rapidement après le semis. Dans ce cas, il faut alors sortir les gros canons : augmenter passablement la dose de glyphosate et mélanger plusieurs matières actives afin d’en venir à bout. En plus, ça ne garantit pas qu’on ne devra pas faire un 2e passage...
Tandis que les producteurs qui font un brûlage à l’automne, eux, même s’il n’y avait pas beaucoup de mauvaises herbes visibles du haut de la cabine de batteuse, ont des champs propres plus longtemps au printemps et peuvent donc attendre un peu plus tard afin d’appliquer leur stratégie phytosanitaire sans avoir besoin de sortir l’artillerie lourde. Par cette pratique, il est donc possible de réduire la quantité de pesticides utilisée dans une année, et d’appliquer des matières actives avec des indices de risque (IRE et IRS) plus bas.
De plus, généralement (oublions l’automne 2023 bien entendu), les conditions de terrain sont plus sèches à l’automne, ce qui minimise les risques de compaction. Il est cependant important de mentionner qu’on doit faire le brûlage avant la première grosse gelée automnale.
Voilà pourquoi on devrait s’intéresser plus sérieusement à l’option d’inclure un brûlage d’automne dans certaines stratégies de désherbage !