Les impacts d’un mauvais départ

L’agriculture est un beau métier ! Les saisons se suivent et le cycle se répète, mais pourtant, chaque année est différente. Il faut savoir s'adapter, et surmonter bien des défis ! Parmi toutes les décisions à prendre à chaque étape, celle du choix de la date de semis reste probablement la plus importante, année après année. Semer ou ne pas semer, dans un sol trop frais ou trop sec, se fier à la date du calendrier et forcer ou patienter encore : ce n'est jamais un choix facile ! 

L’histoire du printemps 2021
Une sécheresse en mars suivie d’une canicule au début d'avril, du jamais vu ! Le sol était en excellente condition, parfait pour le semis des céréales dans les premiers jours d'avril. Plusieurs ont été pris de court et ont dû se préparer en vitesse avec l'arrivée précoce du printemps. Puis, à la fin d'avril, des averses ont ramené un peu d’humidité au sol et calmé les ardeurs temporairement. Finalement, le mois de mai aura été le mois de tous les records : nombreux jours de canicule, sécheresse historique comme il n'y en avait pas eu depuis 1944, et pour couronner le mois, une période de gels successifs dans plusieurs régions.

Comment le maïs s'en est-il sorti ?
Plusieurs facteurs ont influencé la réussite des semis de maïs. La première clé de la réussite se trouvait dans le travail du sol. Comme le sol était peu gelé avec la chaleur d’avril, les sables étaient plus faciles à travailler qu’à l’habitude en début de saison. Les meilleures levées dans le maïs ont d’ailleurs été observées dans les sols plus légers. Pour les loams et les argiles ce fut autre chose, et c'est la patience qui a été gage de succès dans ces champs. Les sols travaillés trop tôt, alors qu'ils n’étaient pas assez secs, ont formé une semelle dure sous le semis, avec la sécheresse et la chaleur qui ont suivi. Les jeunes racines n’étant pas assez fortes pour percer cette couche, les plants ont rapidement souffert du manque d’eau. Après 4 jours de stress visible lié au manque d’eau au début du développement végétatif, les pertes de rendement peuvent facilement atteindre 10% (Michigan State University). La 2e clé du succès, après le travail de sol, a été la profondeur de semis. On ne le répétera jamais assez, le maïs se sème idéalement à 2,5 pouces de profond. Avec les loams et les argiles plus dures qu’à l’habitude, il fallait souvent mettre plus de pression sur les unités de semis. Les semis trop en surface ont mené à des levées inégales, qui peuvent avoir un effet non négligeable sur le rendement. Par exemple, dans un champ où 25% des plants ont dû attendre une vingtaine de jours l’humidité suffisante pour émerger, accusant un retard sur les autres, on peut s’attendre à une perte de rendement d’un peu plus de 20% (Purdue University). Dans un scénario où il y a eu une baisse de population en plus d'une levée non uniforme, la perte de rendement pourrait être encore plus grande. De plus, il faudra porter une attention particulière à la récolte car les plants retardataires seront plus humides. 

Comment le soya s'en est-il sorti ?
Le soya a aussi subi les contrecoups des conditions extrêmes du printemps. La levée a été inégale à bien des endroits en raison des conditions très sèches et le gel tardif de la fin mai a eu raison de plusieurs champs de soya. 

La majorité des semis s'est effectuée dans des conditions anormalement sèches : un lit de semence complètement desséché sur plus de 2 pouces d’épaisseur était la réalité à bien des endroits. Le sol dans lequel est déposé la semence doit contenir suffisamment d’humidité, qui sera absorbée par le grain, pour initier le processus de germination. Ce ne fut pas le cas partout cette année. En visitant les champs, il était possible d'observer des zones ou des sections de rangs où les plantules avaient émergé et d’autres où les grains étaient à peine gonflés, voire encore intacts dans le sol. Habituellement, nous recevons des précipitations dans les jours suivants le semis, qui humidifient le sol jusqu’à la semence, et camouflent les mauvais ajustements de semoir ou les défauts du lit de semence. Ces pluies bénéfiques se sont faites attendre ce printemps, et l’importance de bien gérer l’humidité dans le lit de semence, principalement en sols lourds, était frappante.

Est-ce que la profondeur de semis est la seule cause des problèmes de levée observés ? C’est certainement un des aspects à surveiller avec attention pour obtenir une levée uniforme, mais la préparation du terrain l’est tout autant, pour obtenir un lit de semence structuré et uniforme qui permettra une bonne germination des semences. Le soya étant principalement semé après du maïs, la gestion des résidus devient tout un défi, principalement lorsque le semis est effectué avec un semoir peu adapté.

À quoi s’attendre du rendement dans ces champs ? Le soya étant une plante plastique, il a la capacité de compenser une baisse de population en produisant plus de branches et plus de grains sur un plant qui a plus d’espace pour croître. La perte de rendement associée à une mauvaise levée, s’il y en a une, est donc difficile à prédire et sera influencée par plusieurs facteurs, dont la variété elle-même, la fertilité du sol, les précipitations, la date de semis, etc. Avec une variété adaptée et des conditions de croissance favorables, la perte de rendement sera probablement faible, beaucoup moins grande que pour une culture comme le maïs.

Le printemps 2021 nous a encore une fois démontré que le soya est une culture résiliente. Il semble s'en être mieux tiré que le maïs face aux pluies et températures froides qui ont eu lieu suite au semis de la mi-avril. Il reste cependant plus vulnérable aux aléas climatiques avec son point de croissance hors du sol et exposé très tôt en saison.

L’absorption d’eau froide (<10°C), dans les 24-48 heures après le semis, peut causer des dommages irréversibles aux plantules : ce risque est connu et peut être géré. Le risque le plus difficile à prévoir et le plus dommageable est celui d’un gel printanier tardif comme plusieurs régions ont connu à la fin mai. Aussi surprenant qu’inattendu, il nous oblige parfois à resemer si les points de croissance près des cotylédons sont atteints. C’est aussi difficile de prédire la perte de rendement associée aux dommages par le gel, puisque trop de facteurs viendront influencer la croissance et le développement de la culture qui survit à ce dernier.

En conclusion, quand le temps nous le permet comme en 2021, la patience est toujours très payante. Il vaut mieux travailler le sol dans de bonnes conditions, attendre s’il n’est pas prêt, prendre le temps de bien ajuster le planteur et débarquer souvent pour vérifier que la profondeur de semis est correcte. Pour 2022, la tentation sera peut-être plus grande de semer un peu plus creux, mais ce n'est pas non plus sans risque. Une chose est sûre : nous aurons encore à faire face à plusieurs défis qui auront un impact sur les cultures. Les printemps se suivent, mais ne se ressemblent pas… tant que ça.


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