
Un effort a été mis dans les dernières années pour promouvoir l’effet bénéfique des rotations. Les céréales ont un effet positif à long terme non négligeable sur les rendements des cultures suivantes. Agronomiquement parlant, les céréales d’automne ont un potentiel de rendement supérieur aux céréales de printemps. Grâce à l’établissement des plants à l’automne, le système racinaire se retrouve déjà bien implanté au printemps. Le bon ancrage des racines permet de profiter des précipitations du printemps, mais également de mieux absorber l’humidité disponible tout au long de la saison. À l’exception de 2020, les périodes de croissance et d’épiaison se font lorsque les températures sont plus clémentes leur donnant ainsi un grand avantage. Leur floraison plus hâtive diminue les risques de fusariose. Finalement, ayant l’opportunité de taller plus qu’une céréale de printemps, on retrouve plus d’épis par unité de surface, donc une production de grains et de paille supérieurs.
La contrainte majeure à cette culture est assurément le taux de survie à l’hiver. Si les dernières années ont été riches en apprentissages pour les céréales d’automne, elles ont démontré que les semis hâtifs sont assurément à préconiser, par leur meilleur taux de survie. Particulièrement lorsque l’automne n’est pas propice à la croissance. Plus la période est longue entre le semis et le premier gel, plus la plante a la chance de taller et d’acquérir une meilleure tolérance au froid. Cela augmente ainsi ses chances de survie. Toutefois, si la croissance végétative est trop importante à l’automne, il faudra considérer de faucher et récolter afin d’éviter les risques de pourritures nivéales au printemps. L’égouttement de surface et/ou le drainage sous-terrain sont également deux facteurs importants à considérer.
Bien souvent, on mentionne que le semis à la volée dans le soya survit mieux que le semis au semoir. Ceci est principalement dû à la date de semis qui est alors plus hâtive. La couronne est la partie de la plante qui porte les points de croissance et qui lui permet de tolérer le gel. Elle se situe sous la surface du sol jusqu’au stade de montaison lorsque la plante est semée à une profondeur adéquate. Si les points de croissances sont au-dessus de la surface du sol et subissent un gel meurtrier, la plante n’a alors plus la chance de repartir.
Finalement, en ce qui concerne la profondeur de semis, elle devrait être adaptée aux conditions environnantes. Si la période est sèche, il est préférable de semer de 1 ½ à 2 pouce. Au contraire, en condition froide et humide, il vaut mieux semer plus en surface soit de ¾ à 1 ½ pouces. Le type de sol devrait également être pris en considération dans l’équation.
Les blés d’automne sont utilisés en alimentation animale, mais également, de plus en plus, en alimentation humaine pour la farine. Quant à lui, le seigle d’automne a été délaissé depuis quelques années, principalement dû au manque de marché pour le grain. Étant plus rustique et ayant une production de paille surprenante, le seigle revient en force, ayant maintenant un bon potentiel de marché.
La venue sur le marché des seigles hybrides donne encore plus de rayonnement à cette culture. En croisant deux variétés, on obtient un hybride dont la vigueur est accrue et le potentiel de rendement est supérieur. L’utilisation d’un hybride est d’ailleurs la norme dans le maïs depuis le 20e siècle. Le seigle est actuellement la première petite céréale dont les avantages de l’hybridation ont atteint les attentes.
*** Si dans certaines conditions le seigle ne survit pas à l’hiver, portez attention au semis de maïs le printemps suivant