Moisissure blanche 201

Cette année, malgré un début de saison marqué par le manque de précipitations, les champs de soya se sont développés de façon remarquable dans la majorité des régions du Québec. Malgré les risques très faibles d’infection par la moisissure blanche pendant les stades R1 à R3, des producteurs ont choisi de protéger leur potentiel de rendement à la mi-juillet.

Il est de plus en plus reconnu qu’une application de fongicide dans un beau champ de soya luxuriant n’est pas une dépense frivole, mais plutôt une assurance qui s’avère payante plus souvent qu’autrement. Un champ de soya bien développé, de belle stature et avec des rangs fermés doit être surveillé attentivement tout au long de sa floraison. Il faut se souvenir de la saison 2018, où on se pensait à l’abri de la sclérotinia et que de mauvaises surprises sont apparues lors de la récolte. La maladie n’était pas présente de R1 à R3, mais s’est tout de même développée plus tard en saison et a affecté la culture de façon surprenante dans la portion Ouest de la province.

Il faut dire que la sclérotinia est une maladie qui peut nous jouer des tours plus souvent qu’on le pense. Avec un taux d’infection d’à peine 10 %, les pertes de rendement se situent entre 135 et 335 kg/ha. De plus, chaque 10 % d’infection amène une production de 1 kg/ha de sclérote (125000 sclérotes), la structure dormante de la maladie, qui peut survivre dans le sol jusqu’à 6-7 ans dans les meilleures conditions. De ces sclérotes, seulement 15 % seront viables l’année suivante, ce qui nous ramène à 1 ou 2 sclérotes viables par mètre carré dans la culture suivante. Chaque sclérote produira en moyenne 3 apothécies, qui éjecteront un total de plus de 6 millions de spores sur une période de 9 jours en moyenne, mais qui peut s’étaler sur plusieurs semaines selon les conditions du microclimat sous le couvert végétal.

Trois conditions sont requises pour le développement d’une maladie ; l’hôte, le pathogène, et l’environnement. Cette année, les conditions environnementales n’étaient pas propices au développement de la moisissure blanche pendant les premiers stades de floraison du soya. Pour cette maladie, on recommande une première application au stade R1 à R2, et une deuxième 10-14 jours plus tard selon les conditions climatiques. En 2018, les risques d’infection étaient très faibles pendant ces stades de développement, mais ces mêmes champs ont été infectés plus tard en saison. Pourquoi ?

Pour qu’un sclérote germe et produise des apothécies, il ne faut que quelques jours d’humidité au sol. Et pour que ces apothécies produisent des spores et infectent les tissus tendres de la plante, seulement quelques rosées seront suffisantes pour en amorcer le processus. Comme illustré dans cette photo, la température est plus fraiche sous le couvert végétal et le taux d’humidité y est beaucoup plus élevé qu’au-dessus de celui-ci. La fermeture hermétique du couvert végétal favorise la formation d’un microclimat idéal pour la maladie.

Infection des tissus tendre ? La maladie ne se développe pas qu’à partir des fleurs ? Oui, et non… En fait, les spores vont se développer à partir des pétales et des tissus en décomposition, qui sont les tissus les plus tendres de la plante. Une fois maturée en mousse blanche, la maladie aura assez de ressources et d’énergie pour pénétrer dans les tissus plus coriaces de la plante et s’étendre dans les tiges, et bloquera le transport des éléments nutritifs à travers la plante. On comprend donc maintenant qu’une pétale qui tombe d’une fleur et qui atterrit plus bas sur une feuille ou une tige devient un nouveau site d’infection potentiel, de même que des feuilles nécrosées en décomposition. Dans le soya, la production des fleurs s’étale sur plusieurs semaines et bien que les risques d’infections diminuent avec l’avancement de la saison de croissance, les risques existent toujours et on doit garder l’œil sur les plus beaux champs et comprendre la dynamique de la maladie, car des applications de fongicides au-delà du stade R3 du soya pourraient être justifiées.

À ce sujet, certains fongicides qui sont efficaces contre la moisissure blanche le sont aussi pour une autre maladie ; le phomopsis, qui infecte les plants plus tôt en saison, mais qui se développe beaucoup plus tard, avant la récolte.

Si vous appliquez un fongicide, les points les plus importants à retenir sont :

  • Les fongicides sont préventifs. Si la moisissure est présente, elle ne disparaîtra pas. Mais on peut quand même limiter les dégâts.
  • METTRE DE L’EAU, DE L’EAU, DE L’EAU… 20, 25, 30 gallons/acre : le plus est le mieux. Les fongicides peuvent se transloquer dans la plante, mais uniquement par le xylème, donc du bas vers le haut de la plante. Il faut s’assurer d’atteindre le bas de la plante pour protéger la zone d’infection.
  • Abaisser la rampe pour projeter les gouttelettes sous le feuillage pour mieux atteindre la zone d’infection.
  • Comme toutes les années précédentes, celle-ci est différente des autres… Elles sont toutes différentes. À nous d’en retirer des leçons, de parfaire nos connaissances pour nous permettre d’avancer avec plus d’assurance dans le futur !


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