Les cultures de couverture !

Les cultures de couverture ! Elles sont un exemple parfait d’une bonne pratique agroenvironnementale après la récolte d'une culture de céréales, car elles servent au recyclage des éléments fertilisants du sol, à la fixation d'azote, à la réduction de l'érosion des sols ainsi qu'à créer une bonne structure de sol pour les années suivantes. Il faut voir les avantages non seulement de semer un engrais vert, mais de choisir des espèces selon leurs bénéfices, même si le coût d'achat de certaines semences est plus élevé.

Les cultures de couverture ont la capacité de bâtir ou rebâtir la fertilité d’un champ. S'il arrive que l'on soit critique en regardant un champ d'engrais verts, il ne faut pas s'arrêter à la biomasse aérienne. Leur masse racinaire est la partie la plus importante des cultures de couverture. C’est cette partie qui va structurer le sol, et aider au développement d'une vie microbienne abondante. Dans un sol en santé, il y aurait jusqu’à 20 000 kg d'organismes vivants par hectare. Les plantes en croissance absorbent les éléments fertilisants résiduels ou ceux apportés par les fumiers appliqués après la récolte, et les microorganismes présents dans le sol permettront d'en générer pour les cultures suivantes. Lors d’une journée d’information sur les cultures de couverture organisée par le MAPAQ, on nous a démontré que les engrais verts, peu importe leur taille, permettent d'emmagasiner du carbone dans le sol qui sera, par la suite, utilisé par les cultures suivantes. Une partie du pool de carbone total, le carbone labile, représente la fraction facilement biodégradable, à l'inverse de la matière organique stable, qui est lentement biodégradable. Le carbone labile alimente les organismes vivants du sol et est indispensable au bon état biologique de celui-ci.

Si l'on veut optimiser l'impact positif de l'engrais vert, l'utilisation d'un mélange de différentes espèces va nous aider à atteindre notre objectif beaucoup plus facilement, comme le démontre l'image ci-contre. Quelques facteurs sont à considérer pour élaborer un mélange d’engrais verts, car il n’y a pas de recette parfaite, tout dépend de l’objectif que l’on s'est fixé. Pour un meilleur retour sur l'investissement, voici quelques éléments à considérer lors du choix des espèces :

Premièrement, il faut tenir compte du temps dont on dispose avant la première gelée (qui se produit à environ -2 degrés Celsius), car certaines plantes, comme le trèfle, nécessitent beaucoup plus de temps pour l’implantation qu’un pois fourrager par exemple. Idéalement, il faut semer environ 6 à 8 semaines avant les premiers gels si l’on veut avoir le meilleur retour sur notre investissement.

Deuxièmement, la technique de semis va aussi influencer la sélection. Certaines espèces tolèrent très bien des semis à la volée, tandis que d’autres doivent absolument être semées à la bonne profondeur pour avoir un taux de germination acceptable (semoir à petites graines, à céréales, ou pneumatique de type APV). L'uniformité du mélange dans la trémie au moment du semis est importante. Il est recommandé de ne pas trop remplir la trémie avec les semoirs à la volée pour avoir la meilleure répartition possible au champ et limiter la ségrégation dans le semoir. À ne pas oublier, votre semis d’engrais verts a besoin d'autant d’amour que vos semis de maïs !

Un autre point à considérer lors du choix des espèces est la facilité de destruction de celles-ci. Certaines plantes ont un cycle court avant de produire des graines (moutarde, sarrazin) et d'autres traversent plutôt bien nos hivers québécois (seigle, ray-grass) : il faut alors planifier une stratégie de contrôle pour éviter une infestation l’année suivante. Nous ne voulons pas non plus retarder les semis le printemps suivant à cause d'engrais verts très fournis dont les résidus empêchent le soleil de réchauffer le sol. Un travail superficiel de l'engrais vert à l’automne peut simplifier les opérations le printemps suivant.

Finalement, il est possible d'ajuster le taux de semis selon la date de semis. Par exemple, en cas de semis hâtif, avec plus de 8 semaines avant le premier gel, les taux de semis peuvent être ajustés à la baisse de l’ordre de 15 à 20 % de moins. Le contraire est également envisageable ; si la période sans gel après le semis est estimée à +/- 4 semaines, il est suggéré d'augmenter de 15 % le taux de semis pour compenser la différence de rendement.

Maintenant que nous connaissons les principaux facteurs à considérer lors de la composition de notre engrais vert, voyons les caractéristiques de chaque famille pour finaliser le choix des espèces.

Les légumineuses sont très utiles grâce à leur capacité de fixer l’azote de l’air. Les producteurs biologiques s’en servent d'ailleurs pour cette raison : apporter un maximum d’azote au maïs grain en rotation. Les meilleurs partenaires avec les graminées sont les pois et la féverole. Les légumineuses ont le potentiel de développer des systèmes racinaires importants et elles ont, pour la plupart, une bonne résistance aux températures froides, ce qui leur permet de poursuivre leur croissance, même après des gels légers. Finalement, elles se dégradent facilement au printemps ce qui limite l’effet de paillis sur le sol.

Les graminées ont un système racinaire dense, tant en surface qu'en profondeur, qui fait leur grande force. C’est ce qui leur permet de recycler les éléments nutritifs présents dans les sols ainsi que ceux qui sont apportés par la fertilisation organique. Pour exploiter le plein potentiel des graminées, l’ajout d’azote dans le champ avant le semis est préférable. Inclure une céréale d'automne peut être une excellente idée pour avoir le meilleur développement racinaire car elle pousse tard à l’automne. Par contre, une destruction, soit à l’automne ou au printemps, doit être envisagée, car la reprise de la croissance se fait très tôt au printemps et les céréales pourraient causer des problèmes pour les semis, tant par la présence d’une grande biomasse à gérer que part les racines qui peuvent créer des grosses mottes en travaillant le terrain (seigle).

Les possibilités étant très nombreuses, n’hésitez pas à discuter avec votre représentant Agrocentre pour faire un choix éclairé à propos de vos engrais vert.

 

Source : guide de semences Culture de couverture de Semican

Photo : https://www.cotswoldseeds.com/


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