L’importance d’un travail de sol bien planifié

Sans aucun doute, l’une des questions les plus fréquentes est : quelle est la meilleure méthode de travail de sol ? La question peut paraitre banale, mais la réponse demeure complexe. Quel travail de sol a le plus d’impacts sur la profitabilité d’un champ ? La profitabilité générée pour un champ donné résulte d’un fragile équilibre entre produire un maximum de rendement sans hypothéquer la qualité actuelle et future du sol, tout en respectant l’environnement. 

La préparation du lit de semence

Il y a lieu de se demander… Est-ce qu’un bon lit de semence pourrait compenser pour un travail de sol automnal imparfait ? Et à l’inverse, un travail de sol automnal optimal peut-il faciliter la préparation du lit de semence ?

Vous êtes déjà en train de vous dire en lisant ces lignes que les deux travaux de sol sont importants, mais, élaborons concrètement sur les impacts de leur interrelation. Le tout semble évident, mais dans le feu de l’action on peut avoir tendance à l’oublier et la réalité nous rattrape. Dans le contexte d’une météo automnale défavorable, telle que vécue l’automne dernier, on pensera plus à sauver la récolte qu'à la préparation du semis du printemps suivant.

D’abord, il faut réaliser que malheureusement, le travail de sol parfait n’existe pas ! Pour optimiser les résultats, nous devons considérer : le type de sol, le drainage et les rotations de cultures. La méthode de travail de sol choisie doit prendre en considération tous ces facteurs et leurs impacts sur l’érosion et sur la santé des sols. Par exemple, un type de sol sablonneux avec un bon drainage superficiel engendre moins de réponses positives au travail de sol qu’une argile plus humide. À l’inverse, un sol argileux avec un drainage souterrain plus lent répondra mieux suite à un travail de sol. Ceci aura pour avantage de permettre un travail au champ plus hâtif au printemps suivant et favorisera un égouttement uniforme. 

Il ne faut pas oublier de prendre en considération l’impact des travaux sur les risques de compaction. Il faut donc agir avec prudence selon le type de machinerie utilisée, la profondeur de travail et le niveau d’humidité du sol au risque d’impacter la zone racinaire qui se situe à une profondeur de 8 pouces.

Le lit de semence se prépare à l’automne

Une fois les récoltes complétées, on travaille le sol ou non, selon l’option choisie, et on se dit : « bye bye terminé 2020 ! » Or, en complétant cette opération, vous êtes plutôt en train de préparer votre lit de semence pour 2021… Et oui, le lit de semence se prépare à l’automne. L’objectif ultime du travail de sol automnal est la répartition des travaux nécessaires à la préparation du lit de semence la saison suivante. Plus l’uniformité du champ et son nivellement sont adéquats l’automne précédent, meilleures sont les opportunités de réduire les travaux de préparation du lit de semence au printemps. On optimise ainsi les conditions gagnantes pour un bon semis. 

Le plus grand désavantage d’un travail de sol dit « conventionnel », est qu'il expose les sols à nu, augmentant ainsi les risques d’érosion par l’eau et le vent. Avec un travail de sol printanier comportant plusieurs passages, on augmente les frais d’opérations et l’inégalité du lit de semence. De plus, on risque d’être plus vulnérable en cas de sécheresse en cours de saison. 

Un lit de semence mal préparé peut engendrer des pertes de rendement oscillant entre 8% à 20% selon l’université de Purdue en Illinois. Trois facteurs sont à l’origine de ces pertes de rendements : 1) répartition non uniforme de l’humidité dans le sillon 2) contact semence-sol non optimal 3) variabilité de la température dans le sillon. Ces trois problèmes sont tous occasionnés par un travail mécanique de sol inadéquat. Il en résulte un retard de croissance de plus ou moins deux feuilles de différence entre les plants voisins sur un même rang. Cette inégalité de maturité dans le champ demeure toute la saison et à l’automne, elle engendre non seulement des pertes de rendement mais aussi de qualité du grain .

Pas seulement une question de machineries

On pourrait croire que seul le travail de sol contribue grandement au rendement, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. On sous-estime souvent à tort l’importance des rotations. Il est prouvé qu’une gestion adéquate des rotations des cultures a un impact supérieur par rapport au choix de la méthode de travail de sol. Dans le cas de la monoculture de maïs-grain par exemple, on peut voir des variations de rendement de l’ordre de 9% pour un même type de sol entre le semis direct vs un labour conventionnel (source : Tillage Ontario Database). Par ailleurs, une fois la rotation intégrée dans le système cultural, comme par exemple l'ajout d'une prairie ou la culture de soya, les différences de rendement sont moins probantes, passant sous la barre de 0,9% entre le semis direct et le travail de sol conventionnel, selon la même source littéraire.

Clin d’œil aux résidus

Au Québec, nous avons connu de belles augmentations de productivité dans la culture du maïs-grain au cours des dernières années grâce aux améliorations génétiques et pratiques agronomiques appliquées. Cependant, ceci implique aussi un autre facteur à prendre en considération sur la ferme lors de notre régie de champs ; les résidus. Qui dit augmentation de rendement dit plus de résidus à décomposer. Selon le Michigan Farm News, un rendement de maïs de 12 tm/ha génère plus de 15 000 kg/ha de résidus, ce qui permettrait de couvrir le double de la superficie du même champ. Cette nouvelle réalité entraîne son lot de défis pour l'année suivante : augmentation du risque d'incidence de maladies, réchauffement du sol retardé, une portion des engrais organiques et/ou minéraux hypothéquée pour décomposer les résidus, etc. Il faut aussi penser à mettre plus de pression sur les unités de semis du planteur pour bien couper/hacher les débris et déposer la semence au bon endroit. Bref, de nouveaux éléments sont à considérer. 

L’importance d’un travail de sol bien fait est capitale et il s’agit de maintenir un mince équilibre entre une combinaison de facteurs qui peuvent influencer le rendement. Alors, cet automne, pensez à votre semis 2021 !


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