Urée ou nitrate, l’éternel débat

Le débat revient à l’ordre du jour chaque saison : doit-on utiliser de l’urée ou du nitrate pour fertiliser nos céréales et fourragères ? Cette question alimente les conversations entre producteurs et conseillers depuis des lunes. Pour trancher, il y a plusieurs facteurs à prendre en considération : l’efficacité, la disponibilité, les pertes possibles et, bien sûr, le coût. Nous tenterons ici d’éclaircir un peu cette question, en gardant en tête un principe de base, les plantes absorbent l’azote majoritairement sous forme nitrate.

Tout d’abord, il y a deux formes d’azote principales : urée ou nitrate. Peu importe le nom commercial de notre source de nitrate (CAN, Axan), ça reste du nitrate d’ammonium granulé avec du calcium et ou du soufre. Il faut garder en tête que l’urée doit être transformée par les micro-organismes du sol en ammonium, puis en nitrate, pour être disponible aux plantes, alors que la forme nitrate est tout de suite assimilable par celles-ci. Lorsque les températures du sol sont supérieures à 20°C, une partie de l’urée sera disponible sous forme nitrate en moins de 48 heures. La transformation de l’urée en nitrate peut se compléter en moins de 10 jours si les températures sont supérieures à 15°C. Par contre, si les températures du sol sont autour de 5°C, le délai de cette transformation peut dépasser 6 semaines ! Durant la première phase de ce processus de transformation, l’urée est sujette à des pertes par volatilisation, si elle n’est pas suffisamment incorporée.

Étant donné qu’au printemps lors des semis de céréales, il n’est pas rare d’avoir encore une tuque sur la tête en remplissant le semoir, le nitrate est à privilégier comme source de fertilisation azotée. Il sera ainsi disponible pour les jeunes plantules immédiatement. Il est encore plus indiqué pour la fertilisation printanière du blé d’automne et des prairies qui se réveillent, car on applique souvent notre fertilisation alors que le sol est toujours gelé et qu’il y a encore quelques chutes de neige à l’horizon.

Lorsque notre choix s’arrête sur le nitrate, on peut opter pour une source de nitrate granulé avec du soufre, comme Axan. On peut aussi faire un mélange de CAN et de sulfate d’ammonium afin d’apporter du soufre. En plus de l’apport de soufre de ce mélange, le sulfate d’ammonium apporte 21% d’azote sous une forme ammonium. On a donc un mélange d’azote à 2 vitesses, en plus d’avoir du soufre. Une combinaison gagnante !

Réf. : CRAAQ, Guide de référence en fertilisation, 2e édition. p. 254


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