
Plusieurs d’entre vous commencent à penser fertilisation au retour des fêtes. Cette année, pourquoi ne pas également réfléchir à intégrer les engrais foliaires dans vos pratiques courantes ?
On a souvent le réflexe de recourir aux engrais foliaires à la suite d’une carence visible sur le feuillage de nos cultures. Bien que cela puisse aider à corriger un problème ponctuel, les engrais foliaires peuvent être utilisés tout au long de la saison de croissance comme complément à la fertilisation classique au sol.
Les producteurs maraîchers utilisent depuis longtemps la fertilisation foliaire afin de maximiser les rendements et la qualité de leurs récoltes. Bien que le retour sur l’investissement ne soit pas le même, il peut tout de même être payant de suivre leur exemple et d’intégrer les engrais foliaires en grandes cultures.
La voie privilégiée par les plantes pour l’absorption des nutriments est par le système racinaire. En revanche, la fertilisation foliaire peut se montrer intéressante dans les deux situations suivantes :
1) Pour aider la plante à passer par-dessus une caractéristique du sol qui limiterait la solubilité et la mobilité d’un ou plusieurs éléments fertilisants (ph, compaction etc.)
2) Pour aider la plante à se remettre d’un stress abiotique (chaleur, sècheresse etc.) ou d’un stress occasionné par l’application d’un produit de phyto-protection (herbicide, fongicide etc.)
Considérant la quantité totale absorbée par les plantes, il est en général plus facile de corriger une carence en éléments mineurs (zinc, manganèse, bore, cuivre, etc.) avec un engrais foliaire que de corriger une carence en azote, phosphore, potassium, calcium ou magnésium. Dans ce dernier cas, l’ajout d’un de ces éléments à l’engrais foliaire appliqué aidera à empêcher une baisse plus drastique des niveaux dans la plante.
Il est aussi à noter que les éléments fertilisants ne sont pas absorbés ou requis en même quantité tout au long de la saison de croissance. Par exemple, un plant de maïs détermine le nombre de rangs autour de son épi au stade V5 (8 feuilles visibles). Un manque de zinc à ce moment précis peut restreindre significativement le rendement potentiel d’un hybride. De la même façon, un manque de bore au moment de la pollinisation peut mener à la non-fertilisation des soies et ainsi réduire le nombre de grains par épi.
La meilleure méthode pour profiter au maximum des effets d’un engrais foliaire est de s’assurer qu’on apportera les éléments dont la plante a besoin à un moment précis de sa croissance. Pour ce faire, l’analyse foliaire est l’outil à privilégier. Elle nous aidera non seulement à identifier des carences visibles mais aussi à évaluer si certains éléments sont à des niveaux de carences cachées (hiden hunger). Donc, un peu comme on planifie la prise d’échantillons de sol, on pourrait prendre comme résolution pour 2024 de prendre 2 analyses foliaires (une au stade végétatif et une au stade reproductif) dans chacune de nos cultures, afin de voir le niveau des éléments nutritifs dans nos plantes et corriger les carences si il y a lieu.