
Ces temps-ci en agriculture, la lutte aux changements climatiques est un sujet populaire ! Il faut dire que les gouvernements se sont fixés des objectifs ambitieux, et que l’agriculture représente un grand potentiel en terme de réduction des gaz à effet de serre (GES) et de captation du carbone.
Au niveau provincial, le plan d’agriculture durable (PAD) vise une réduction de 15% des apports de matières fertilisantes azotées sur les superficies en culture d’ici 2030. À l’échelle canadienne, on espère plutôt une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30% par rapport au niveau de 2005, d’ici 2030.
Vous remarquerez que l’un parle de réduire les gaz à effet de serre alors que le PAD cible directement les fertilisants azotés. Pourquoi vouloir restreindre l’utilisation de l’azote ? C’est évidemment un nutriment apporté en grande quantité sous forme minérale et organique (fumier) pour répondre aux besoins des cultures. L’azote peut prendre plusieurs formes, mais si on se rappelle bien de son cycle , qu’elle soit apportée sous forme urée ou ammonium, l’azote est éventuellement transformée en forme nitrate (NO3-), celle que les plantes préfèrent. En cours de saison, lorsque le sol devient très saturé en eau, en particulier dans les sols lourds, les nitrates se transforment en N2, puis en oxyde nitreux (N2O), un gaz à effet de serre 300 x plus puissant que le C02. Limiter l’apport total d’azote semble donc un moyen assez direct pour réduire les émissions de N2O.Avant d’aller plus loin, il est important de rappeler que lorsqu’il est question de développement durable, on doit aussi considérer la rentabilité et la pérennité des entreprises agricoles. L’objectif de développement durable #1 du gouvernement du Canada est d’ailleurs « Pas de pauvreté », suivi de « Faim zéro ». Il faut donc trouver un équilibre, arriver à produire de manière rentable des aliments sains en grande quantité tout en minimisant les impacts négatifs que l’agriculture peut avoir sur la qualité de l’eau et les gaz à effet de serre entre autres. C’est dans cette optique que les Agrocentre vous présentent le PurYield, un produit novateur, une solution qui permet une meilleure gestion de l’azote et la réduction des rejets d’oxydes nitreux (N2O) dans l’atmosphère. La réduction de la fertilisation est certainement un moyen d’émettre moins de GES, mais une utilisation plus judicieuse, qui tente d’accorder la disponibilité de l’azote aux besoins des cultures, peut certainement être efficace aussi.
En septembre 2023 avait lieu l’inauguration de CRF Agritech, une nouvelle usine de production de fertilisants à libération contrôlée à St-Thomas, en Ontario. CRF Agritech est une coentreprise regroupant plusieurs détaillants associés à Sollio Agriculture au Québec, en Ontario et dans les maritimes, et l’entreprise Pursell, un fabricant d’engrais établi en Alabama, fort d’une longue longue expérience dans la production de fertilisants enrobés. La technologie mise de l’avant permet d’enrober les granules de fertilisants d’un polymère d’épaisseur variable, qui, une fois incorporé au sol, permettra la libération des nutriments qu’il contient, plus ou moins rapidement selon la température. Le PurYield c’est en fait de l’urée enrobée de polymère. Ce qui le distingue des technologies de libération contrôlée déjà existantes, ce sont les matériaux d’enrobage innovants et les techniques de traitement exclusives de Pursell, qui produisent un enrobage plus souple et donc plus résistant aux chocs et à la manutention. La constance dans la libération de l’azote qui se fait de manière plus égale dans le temps et une confiance dans la durée d’efficacité selon la température du sol sont aussi des avantages du PurYield par rapport à d’autres produits similaires.
Le produit est offert en trois enrobages différents, pour une libération contrôlée de l’azote sur 50-60 jours avec le PurYield 1, 80-90 jours avec le PurYield 2 et 120-130 jours avec le PurYield 3. C’est la température du sol qui contrôle la libération, mais un minimum d’humidité est requis pour enclencher le processus. Pour cette raison, l’incorporation du produit au sol est importante, sauf s’il est appliqué sous un couvert végétal qui garde l’humidité (ex. prairies ou céréales). Utilisé en présemis incorporé dans le maïs, ou en début de saison dans le blé, le PurYield libère son azote sur une longue période, procurant les mêmes bénéfices qu’un fractionnement, mais sans la nécessité d’un deuxième passage. On l’applique en mélange avec de l’urée, ou avec de l’urée et du sulfate d’ammonium dans le blé, afin d’avoir un équilibre adéquat entre la portion d’azote qui sera disponible rapidement à la culture, et une portion qui se dégagera lentement, en synchronisme avec la croissance de la plante. Le PurYield a également sa place pour fertiliser les cultures en buttes puisqu’il permet d’avoir un maximum d’azote dans la butte, près des racines, qui sera libéré graduellement. Encore une fois, ça permet de sauver des passages. Il est même possible de mélanger plus d’un PurYield pour jouer avec la plage de durée de libération.
Vous aurez compris que pour diminuer les risques de pertes de N2O dans l’atmosphère, il faut limiter la présence de nitrates résiduels dans le sol. L’utilisation d’une source d’azote qui sera graduellement rendue disponible aux cultures devrait permettre de tendre vers cet objectif. D’ailleurs, les premières études de la Ferme de recherche de Sollio Agriculture et de l’Université McGill démontrent que l’utilisation de l’engrais PurYield a le potentiel de réduire les émissions de GES de 30%. La validation scientifique est en cours, mais ces résultats sont très encourageants. Diminuer les émissions sans sacrifier de rendement, ça nous parle !
Vous êtes curieux d’en apprendre plus sur le PurYield ? Parlez-en à votre conseiller agrocentre !