Le bilan minéral, à quoi sert-il et comment l’utiliser

Tel un bilan financier, le bilan minéral s’avère souvent révélateur. Sur une exploitation agricole, il peut être réalisé à deux échelles différentes. Premièrement, il y a le bilan minéral annuel de la ferme :

Il s’agit d’un calcul global qui examine la circulation des minéraux sur une ferme d’élevage ou de grandes cultures. Ce bilan comptabilise toutes les entrées (importations) et toutes les sorties (exportations) sur la ferme. Les achats de fertilisants, de chaux, de fumiers, de moulée ou de grains représentent les importations alors que les ventes de lait, d’animaux, de grains, de fumiers ou de pailles constituent les exportations. Ce bilan global sert généralement d’indicateur environnemental ; un bilan excédentaire en azote ou en phosphore indiquant un risque potentiel pour l’environnement.

À plus petite échelle, il est également possible de réaliser un bilan à la surface du sol :

Plus simple et concret, le bilan à la surface du sol compare la quantité d’éléments exportés par les cultures, selon leurs rendements, avec les apports en nutriments de différentes sources. Lorsque le bilan comptabilise des apports plus importants que les prélèvements faits par les cultures récoltées, cette situation pourrait mener, à long terme, à un enrichissement du sol. À l’inverse, si le bilan est négatif, c'est qu'il y a un potentiel d'appauvrissement des sols. Le bilan peut être fait d’abord pour les éléments majeurs tel que l’azote, le phosphore et le potassium, mais il peut aussi être calculé pour les éléments secondaires tels que le soufre et le magnésium (particulièrement dans les sols sableux) ainsi que pour les éléments mineurs tels le zinc et le bore.

Il est primordial de réaliser le bilan minéral en association avec un examen complet des analyses de sol. Selon le niveau de richesse d’un champ ou d’un groupe de champs, évalués grâce à des résultats d'analyses récents, il pourrait être souhaitable d'augmenter le niveau d’un élément s'il s’avère potentiellement limitatif à l'atteinte d'un rendement optimal. À l’opposé, on pourrait décider de viser une réduction des apports si un élément, le phosphore par exemple, est à un niveau trop élevé et est susceptible de nuire à l’environnement, sans améliorer le rendement de la culture.

Un tel exercice peut s’avérer très intéressant quand un client n’obtient pas les rendements souhaités pour sa zone de production, ou quand il y a des changements majeurs dans le mode d’application des fertilisants, comme par exemple le passage d’une fertilisation granulaire à une fertilisation liquide. Le producteur peut aussi faire cette analyse simplement pour valider que son bilan au sol est équilibré et lui permettra de maintenir son niveau de rendement sur plusieurs années. 

En résumé, le bilan minéral est un outil de plus pour bien analyser la situation de chaque ferme en tenant compte des analyses de sol, des rendements des cultures et des objectifs de l'entreprise. 


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