Les champignons de sol nuisibles

Si je vous demande quelle maladie de sol cause le plus de dommages aux cultures, vous me répondrez sûrement la fonte des semis. Vous n’avez pas tort, mais pourriez-vous dire quel champignon en est la cause ? Pythium, Rhizoctonia, Fusarium, Phytophthora ? Connaissons-nous bien ces champignons qui affectent les cultures à différents stades ? Pouvons-nous bien les identifier et diminuer leurs impacts ?

Commençons par une brève description de chacun. Le Pythium survit plusieurs années dans les sols et affecte de nombreuses espèces végétales. Il est favorisé par des conditions humides et des températures fraîches (15-20 oC). Les sols mal drainés ou trop fortement irrigués sont également propices aux attaques de ce champignon. Le principal symptôme est une pourriture molle au niveau du collet, qui engendre rapidement la mort de la plantule.

Le champignon Rhizoctonia solani (principale espèce dommageable de Rhizoctonia) survit dans les résidus végétaux. Il dégrade principalement la matière organique morte, mais peut également attaquer les plants fragilisés. Le mycélium du champignon pénètre par les tissus tendres et cause au collet des taches brunâtres souvent sèches, d'aspect liégeux. Une température entre 15 et 18 oC et une bonne humidité du sol sont des conditions qui lui sont favorables.

Le Fusarium attaque autant les feuilles larges que les graminées. Il est classé comme un pathogène opportuniste, car il affecte les plants blessés, affaiblis ou stressés. Il est favorisé par des températures au-dessus de 20 oC et des conditions sèches. Un ph du sol inférieur à 6.0 ainsi qu’un excès de sel (pouvant venir des engrais) aggravent son incidence. L'infection peut survenir à divers stades du développement et les symptômes apparaissent même plusieurs semaines après celle-ci. Ils diffèrent selon l’organe atteint, allant d’une pourriture brun rouge du collet chez les jeunes plantules au flétrissement des tiges causé par une nécrose brunâtre des vaisseaux affectés du xylème.

Le Phytophthora fait partie de la classe des Oomycètes, comme le Pythium. Les spores de cette classe de champignons ont la particularité d’avoir deux flagelles, ce qui leur donne l'apparence d'algues. Ainsi, leurs spores peuvent nager dans l’eau présente entre les particules de terre pendant plusieurs heures à la recherche d'une plante hôte. De ce fait, les risques d’infection au Phytophthora sont grandement augmentés par l’eau stagnante (> 24h) et des températures chaudes (20-30 oC). Les spores peuvent survivre jusqu’à 10 ans dans le sol. Suite à une infection, le flétrissement rapide des plants, et des lésions aqueuses vertes foncées à brunâtres au collet, sont les premiers signes ; par la suite, un mycélium blanc apparaît sur les tissus infectés.

Il existe quelques produits phytosanitaires préventifs et/ou légèrement curatifs sur le marché pour certains de ces champignons. Cependant, un des meilleurs moyens pour réduire l’incidence de ces maladies est la diminution des conditions facilitant l’apparition des champignons. Comme nous ne pouvons pas influencer la météo, il nous reste à travailler sur quelques aspects, tels la rotation des cultures hôtes, les sources de stress chez les cultures et l'amélioration de la structure des sols. Une bonne structure du sol favorise les micro-organismes et lorsque ceux-ci sont en nombre suffisant, ils colonisent rapidement la rhizosphère des cultures et compétitionnent les champignons néfastes pour l'espace et les ressources. Lorsque les agrégats du sol sont bien structurés, l’eau pénètre plus rapidement et l’oxygène y est présent en grande quantité, diminuant les stress chez les cultures. Une bonne évaluation de l'état du sol s’impose pour élaborer une stratégie d'amélioration. Des analyses de sol permettent de corriger, si nécessaire, le pH ou la teneur en calcium, un élément qui sert de lien entre les composantes du sol. L’implantation de cultures de couverture a aussi un impact positif sur la structure du sol. Leurs racines effectuent un décompactage superficiel ou en profondeur, selon l’espèce utilisée, et l’enfouissement des parties aériennes apporte de la nourriture aux micro-organismes.

Le réseau Agrocentre a toujours eu à cœur la réussite des producteurs agricoles et est toujours à l'affût de nouveaux produits ou techniques pouvant les aider. N’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller(ère) pour discuter de votre réalité face aux maladies de sol, il(elle) se fera un plaisir d’identifier les vrais responsables et d’établir un plan d’action.


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