Fourragères : Ne négligeons pas la fertilisation !

De plus en plus de producteurs agricoles optimisent la fertilisation en azote et en potassium dans le maïs-grain pour aller chercher le maximum de rendement. Qu’en est-il des fourragères ? Si l'avantage monétaire d'une fertilisation adéquate dans le maïs est facilement calculable, c’est plus difficile de le chiffrer pour le foin, car la plupart du temps, il est consommé à la ferme. C’est généralement le parent pauvre en terme de fertilisation au champ. Et pourtant ! Une bonne fertilisation des prairies apportera bien des bénéfices : plus de consommation volontaire de la part des vaches, plus de digestibilité, plus de lait et donc plus de revenus.

Il ne faut pas oublier non plus l’importance du chaulage, et ce, même si les pH sont bons. Une luzernière prélève et « sort » du champ environ 15 kg de calcium/tonne de matière sèche. Le fait de chauler pour apporter le calcium nécessaire à la plante se verra non seulement sur le rendement, mais également sur la qualité. Le calcium et le magnésium contenus dans les fourrages sont bien plus assimilables pour la vache que les minéraux en poudre mélangés dans la ration. Plus le niveau de calcium sur l'analyse fourragère est adéquat, moins vous aurez à en inclure dans la ration. En prime, la persistance et la vivacité de vos champs de fourragères en seront grandement améliorées.

Pour ce qui est de la fertilisation proprement dit, elle est plus qu’importante. Une luzernière consomme plus ou moins 30 kg d'azote/tonne de matière sèche, et la même quantité de potassium. Par exemple, à un rendement de 7 tonnes de matière sèche par hectare, l'exportation représente 210 kg/ha d’azote et de potassium et environ 105 kg/ha de calcium. C’est autant d’azote qu’un maïs ! Certes, la luzerne est autonome jusqu’à un certain point puisqu'elle a, comme les autres légumineuses, la capacité de fixer l'azote de l'air. Par contre, les graminées semées en mélange ont besoin de cet azote pour fournir le rendement attendu. Le soufre est également un élément d’importance car il travaillera de concert avec l’azote afin d'améliorer la teneur en protéines dans les fourrages.

« Oui mais j’ai du fumier. J'en applique dans mes champs de foin entre les coupes » est une phrase que l'on entend souvent. Les fertilisants organiques représentent en effet un grand avantage pour ceux qui en ont à gérer. Par contre, je suis d'avis qu'il vaut mieux privilégier les champs de maïs aux champs de foin pour valoriser les engrais de ferme. Le maïs pourra bien mieux en tirer profit que les fourragères. Du fumier appliqué sur un champ de foin, entre deux coupes, ne sera pas valorisé à 100% étant donné le court délai entre les coupes qui sont faites aux 28 à 35 jours en moyenne. De plus, une application de fumier sur les fourragères entraînera une perte de vigueur due à la brûlure des poils racinaires (par lesquels la plante absorbe les minéraux) à cause de la forte présence d’ammoniac dans les fumiers. S’il est nécessaire d’appliquer du fumier dans les champs de fourragères, il serait mieux d’attendre à la 3e coupe afin d’éviter les grandes sécheresses et chaleurs de l’été, qui favorisent en plus les pertes par volatilisation.

En résumé, pour une régie intensive, le mieux serait d’y aller avec un mélange de nitrate et sulfate d’ammoniaque au printemps ainsi qu’entre les coupes ; la forme nitrate étant à privilégier puisqu'elle est rapidement disponible aux plantes, et que les périodes de croissance entre les coupes sont courtes. Une application de potasse serait sans doute bénéfique à l’automne après la dernière coupe ou au printemps suivant si elle n’a pas été faite à l’automne. Un chaulage d’entretien (entre 1 et 1.5 tonnes par acre) aux 6 à 8 coupes apportera le calcium nécessaire au bon fonctionnement des fourrages, tout en maintenant le pH du sol à un niveau adéquat.


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