
Dans le secteur des grandes cultures, la gestion économique est tout aussi essentielle que la maîtrise des pratiques agronomiques. Qu’il s’agisse de maïs, de soya, ou de céréales, la rentabilité d’une entreprise agricole repose en grande partie sur la capacité du producteur à connaître et analyser ses coûts de production. Cette démarche, parfois perçue comme exigeante ou fastidieuse, constitue pourtant un pilier fondamental pour assurer la pérennité financière de la ferme, optimiser les décisions techniques et mieux gérer les risques. Connaître ses coûts de production permet au producteur de mieux comprendre où va chaque dollar investi dans son entreprise. En d’autres termes, le réel défi dans l’élaboration d’un budget est d’ optimiser les dépenses tout en maximisant le potentiel de rendement des cultures.
Tout est dans la vision de son budget
L’analyse détaillée des coûts de production est un outil indispensable pour améliorer la prise de décision. Par exemple, un producteur qui connaît le coût par acre ou par tonne de chacune de ses cultures peut déterminer rapidement s’il est plus stratégique de semer du maïs ou du soya en fonction des prix du marché et sait identifier les postes de dépenses qui peuvent être optimisés. Il est plus facile et plus concret de se concentrer sur la partie dépenses d’un budget, car les coûts sont souvent connus à l’avance et il est possible de les contrôler. En contrepartie, les revenus en grandes cultures sont beaucoup plus abstraits, donc plus difficiles à prévoir. Le prix de vente est variable tout au long de l’année et le rendement est connu seulement à la fin de la saison de production. Il est souvent tentant de couper certains intrants afin d’économiser et s’imaginer ainsi augmenter la rentabilité. Le danger qui guette cette vision budgétaire est qu’en coupant un peu de dépenses on peut parfois couper de beaucoup plus les revenus. Donc plutôt que d’augmenter la rentabilité, on la diminue.
Le coût des intrants augmente, pas de panique !
Depuis 5 ans, le marché des fertilisants est très instable. La Covid-19, l’invasion de la Russie en Ukraine, les ouragans qui frappent les zones de production de fertilisants, toutes ces raisons font fluctuer le marché de façon importante. Comme les fertilisants représentent une partie importante du coût de production, surtout pour la culture du maïs grain, il est important de se faire une idée claire et de ne pas prendre de décision sur le coup de l’émotion. Payer plus cher pour des intrants comme les fertilisants est une chose, mais si on est capable de vendre la récolte à un prix plus élevé, une situation qui était anticipée comme un défi peut rapidement se transformer en opportunité et augmenter la marge nette de façon significative.
L’exemple du maïs de grain de 2025 vs 2026
Pour plusieurs raisons géopolitiques, le prix des intrants est plus haussier que baissier depuis quelques années, et 2026 s’annonce pour suivre cette tendance. Voici un exemple réel d’un coût de production de maïs comparant le coût des intrants et le prix de vente du maïs en utilisant les chiffres de 2025 vs 2026.
Dans cet exemple, malgré l’augmentation du prix des intrants pour 2026, le fait de vendre la récolte de maïs à un prix plus élevé, au même rendement, augmente considérablement la rentabilité de cette culture.
Derniers conseils :
1- Il est recommandé de se fixer des objectifs et de les respecter quand vous fermez le prix du grain, une fois que vous connaissez le coût des intrants, afin de sécuriser votre marge.
2- Travaillez à garder vos rendements élevés ; il est plus facile de profiter de la hausse des marchés quand vous avez un volume de grains plus important à vendre. Au Québec, malgré une hausse de prix des fertilisants, lorsque le prix des grains est au rendez-vous, la culture du maïs demeure une option très rentable !