
La politique bioalimentaire 2025-2035 du gouvernement du Québec, présentée en août dernier, vise à renforcer notre autonomie alimentaire. Les ambitions de la politique sont encourageantes, visant particulièrement à améliorer la compétitivité, la prospérité et la durabilité du secteur.
Dans ce Flash grains, on se pose une question de base : est-ce que les producteurs québécois produisent suffisamment de grains pour répondre à la demande provinciale ?
Selon les chiffres présentés sur le site des Producteurs de grains du Québec (PGQ), la production annuelle moyenne de maïs grain sur les 3 dernières années (récoltes 2023, 2024 et estimation 2025) s’élève à 3.45 millions de tonnes, alors que la demande moyenne pour la consommation intérieure sur la même période est de 2.94 millions de tonnes par an. Bien qu’en théorie, la production locale permette amplement de combler les besoins, il y a tout de même un certain volume d’importation, variable d’une année à l’autre, et donc un volume plus ou moins grand de notre production qui se retrouve sur le marché de l’exportation.
Le soya quant à lui, est majoritairement destiné à l’exportation. La demande de soya OGM pour le Québec est rapidement comblée, donc les masses de fèves OGM produites ici se retrouvent sur les marchés extérieurs. La demande est croissante pour le soya non-OGM destiné à l’alimentation humaine, autant ici qu’à l’étranger. Notre production, d’environ 1.39 million de tonnes en 2024, permet de répondre à la demande interne, malgré que historiquement, 60 à 70% de ce volume se retrouve sur les marchés d’exportation.
Au niveau du blé, Statistique Canada estime la production 2025 à 291 427 tonnes, alors que le Québec aurait besoin, pour les secteurs de l’alimentation humaine seulement, d’environ 647 000 tonnes annuellement ! Du tonnage annuel produit, seulement 20 à 25% se destine au secteur boulanger chaque année. Il y aurait donc une forte demande à combler au niveau du blé humain. La majorité du blé fourrager produit trouve quant à lui preneur parmi les meuniers du Québec.
Pour le maïs et le soya, le Québec est donc en mesure de répondre à la demande pour la consommation intérieure. Évidemment, on ne vit pas sous un dôme de verre, et plusieurs facteurs vont influencer les meuneries et les industries à s’approvisionner à l’extérieur. Le prix du grain est sans surprise le premier critère, il y a aussi le taux de change, les frais de transport et logistique, la qualité du grain et l’homogénéité entre les lots, la disponibilité et la continuité d’approvisionnement, etc. Néanmoins, si on ne regarde que les tonnages produits et la demande, il pourrait malgré tout y avoir un potentiel d’arrimer les chiffres sur le marché des grains québécois !