Bilan et stratégies

Premièrement, revenons sur la saison 2023. Un printemps sec suivant un hiver sans gel : le cocktail parfait pour rendre les conditions de semis plus difficiles, surtout dans les argiles. Au cours des mois de mai et juin, il n'y a presque pas eu de précipitations. À ce moment-là, tout le monde commence à espérer la pluie ! Le maïs en profite pour développer ses racines, et le soya.... ne progresse pas vite. Viennent ensuite des quantités record d'eau en juillet et août. Les décharges et fossés sont plus remplis qu'à la fonte des neiges, et c'est impossible de ne pas se mettre à penser au drainage et nivelage qu'il y a à faire ! Le manque de soleil durant ces deux mois affecte le développement des cultures qui prennent du retard. Par chance, septembre sauvera la saison, avec des températures au-dessus des normales. Dans l'ensemble, ce fut une année acceptable au niveau des rendements, quoique moins bonne que 2022. Petite exception cependant du côté des céréales à paille (blé, orge, seigle), pour lesquelles l'année est à oublier. Fusariose, grains germés, toxines, rendements anémiques, indices de chute, taux de protéine ; tout fait défaut. Au niveau de la commercialisation, c'est la catastrophe...

Au moment d'écrire ces lignes, la récolte du soya est terminée, et il ne reste presque plus de maïs à battre. Doit-on garder nos récoltes ? C'est la question que plusieurs se posent. Avant de spéculer sur la vente de grain, certains facteurs peuvent être considérés. Est-ce que vos marges de crédit sont à zéro ? Déjà en réglant ses comptes courants et sa marge, on s'assure de faire plus ou moins 7% de profit, juste avec l'intérêt épargné. Ensuite, il peut être intéressant de vendre un peu de grain pour avoir les moyens de profiter des escomptes de prépaiement offertes par votre agrocentre... c'est une autre façon de maximiser ses liquidités.

Finalement, que nous réserve 2024 ? Plusieurs variables sont incertaines à ce moment-ci. On pense notamment aux guerres, qui engendrent des tensions géo-politiques pouvant rapidement influencer les cours du pétrole, la fluidité du transport des denrées, etc. La température, bien sûr, cause régulièrement des surprises. Les conditions de semis en Amérique du sud (Brésil, Argentine) et les superficies totales semées influencent le prix du soya par exemple, à la hausse comme à la baisse. On surveille aussi l'appétit de la Chine... à quelle hauteur seront-ils importateurs ?

Le meilleur conseil selon moi est de viser une moyenne en vendant du grain régulièrement, ou de s'assurer de couvrir son coût de production à chaque vente.

Bonne saison 2024 ! Soyez prudents !

 


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