
Comme vous avez pu le constater au cours des dernières années, le prix de multiples produits est en hausse, ce qui n’est pas sans conséquences sur vos coûts de production. Si vous êtes à la recherche de solutions pour optimiser l’utilisation des intrants sur la ferme, voici quelques pistes à explorer...
Tout d’abord, une façon d’améliorer l’utilisation des fertilisants par les plantes, est de les appliquer à l’endroit où celles-ci peuvent aller le chercher.
Il y a deux méthodes d’application des fertilisants : à la volée et en bande. L’application à la volée consiste à épandre l’engrais de façon uniforme sur toute la surface du sol, avec ou sans incorporation. Cette méthode comporte plus de risques de pertes de phosphore par ruissellement lors de fortes pluies et de volatilisation de l’azote, tant que les fertilisants ne sont pas incorporés au sol.
L’application en bande, quant à elle, se définit comme une application localisée à proximité de la semence, et elle comporte plusieurs avantages. Certains éléments nutritifs, comme le phosphore, sont peu mobiles dans le sol et le placement près de la zone racinaire les rend donc plus facilement disponibles pour les plantes. Cette méthode permet aussi de réduire les doses appliquées, et les risques de pertes dans l’environnement. Cependant, la justesse du placement est importante, car si l’application se fait trop près de la semence, il peut y avoir un risque de phytotoxicité.
Le fractionnement des apports de fertilisants (surtout l’azote) est un autre moyen de maximiser leur utilisation. L’azote est un élément mobile et soluble ; les conditions climatiques et l’état du sol influencent sa disponibilité. Pour limiter les pertes, il faut tenter de synchroniser le mieux possible les apports avec les prélèvements des cultures. Le choix de l’ingrédient azoté permet aussi de déterminer sa disponibilité à la plante durant la saison. Divers outils, comme l’enrobage de polymère, ou l’ajout d’inhibiteurs, permettent également de ralentir ou de contrôler la transformation de l’urée en nitrate et de réduire les pertes par volatilisation, lessivage ou dénitrification.
La phytoprotection est un autre centre de coût important en production maraîchère. Avant de faire une application de pesticide, la calibration du pulvérisateur permet de s’assurer que la bonne quantité de matière active par unité de surface est uniformément répartie afin de respecter les exigences environnementales et de salubrité alimentaire. Quelques vérifications sur le pulvérisateur sont à faire avant son utilisation :
• La rampe est-elle à niveau sur toute sa longueur ?
• Les buses sont-elles toutes pareilles, et fonctionnelles ?
• La distance entre les buses est-elle la même ?
• Ont-elles le même débit pendant un temps précis ?
• Le patron d’application des buses est-il égal et constant ?
• Les buses et les filtres sont-ils propres ?
Une fois la calibration réglée, il est important de se questionner sur la qualité de l’eau utilisée pour faire l’application. L’eau représente environ 90-95% du volume de la bouillie, et joue un rôle important sur l’efficacité des pesticides. Les caractéristiques importantes à connaître sont le pH, la dureté de l’eau, et la présence de particules dans l’eau (turbidité). Il existe des adjuvants pour améliorer la qualité de l’eau lorsque celle-ci n’est pas adéquate. Ensuite, il faut également savoir que certains produits mélangés ensemble peuvent avoir un effet antagoniste. Bien qu’il puisse être tentant de faire des mélanges de produits afin de gagner du temps ou de réduire le nombre de passages au champ tout en contrôlant plusieurs problématiques en même temps, certaines combinaisons ne sont pas recommandées. Pour que les applications soient pleinement efficaces, il faut également s’assurer de respecter le délai avant la pluie et tenir compte de la température et de la vitesse du vent. Lorsque vous faites votre bouillie de pulvérisation, si vous avez l’habitude d’arrondir la dose ou s’il reste un peu de produit dans le fond du bidon, gardez-le pour une application éventuelle au lieu d’augmenter la dose. Certains produits sont très dispendieux ; vous pourrez ainsi économiser, et vous assurer de respecter les doses homologuées figurant aux étiquettes. Comme avec les fertilisants, les produits de phytoprotection peuvent être appliqués en bande, ce qui permet de réduire la quantité de produits utilisée.
Parfois, il ne s’agit pas d’acheter un nouvel équipement ou d’augmenter la dose d’un produit pour régler une problématique, mais simplement d’améliorer ses façons de faire. Quelle est votre résolution d’amélioration en 2024 ?