Les cultures de couverture en production maraîchère

 

Dans cet article, il sera question de cultures de couverture en production maraîchère. Nous allons discuter du choix des espèces, de l’implantation et de l’élimination de l’engrais vert.

Les mélanges offerts par le Réseau Agrocentre comptent entre 3 et 6 espèces et contiennent normalement au moins une graminée, une légumineuse et une crucifère (brassicacée). L'utilisation de ces familles en mélange permet de profiter des avantages de chacune et de la complémentarité qui existe entre elles. Tout d'abord, ils permettent d’implanter un couvert végétal produisant une bonne biomasse (4t/ha et plus), ce qui aide grandement au contrôle des mauvaises herbes tenaces comme l’herbe à poux et le chénopode. En effet, même si des graines de mauvaises herbes germent, celles-ci se développeront beaucoup moins et produiront moins de semences, surtout si elles sont fauchées avec la culture de couverture. De plus, certaines plantes comme le seigle et le radis fourrager ont un effet allélopathique qui freine la germination et la croissance des mauvaises herbes. Le mélange des familles aide également à explorer et meubler l’ensemble de la couche arable, par leurs systèmes racinaires différents : profond, en surface, fasciculé ou pivotant.

Les rotations avec des plantes d’une autre famille que les cultures principales, comme le tournesol ou le sarrasin, diminuent la pression des maladies dans le sol. En effet, les rotations diversifiées coupent le cycle de certaines maladies et augmentent la diversité et la compétitivité des bons microorganismes présents dans le sol, en leur fournissant les exsudats racinaires dont ils se nourrissent. Ce sont également ces exsudats qui améliorent la structure du sol, en jouant le rôle de « colle » pour permettre l'agrégation physique des particules d’argile. Lorsque les agrégats du sol sont bien structurés, l’eau pénètre plus rapidement et l’oxygène est présent en grande quantité, diminuant le stress chez les plantes. Certaines plantes comme la moutarde et le sarrasin produisent également des substances toxiques ayant un effet nématicide, ce qui réduit la pression des ravageurs comme le nématode. 

La phacélie, le millet, le radis et plusieurs autres espèces sont excellents pour valoriser les engrais organiques. Les graminées sont également une source importante de cellulose, elles sont riches en carbone, donc très utiles pour augmenter le taux d’humus du sol. Leur système racinaire dense et profond fait en sorte qu'elles valorisent très bien la fertilisation d’automne et empêchent l’érosion.

Pour les semis, il existe des épandeurs de précision qui peuvent semer à la volée plusieurs mélanges dont le taux de semis est de 30kg/ha et plus. Peu importe la méthode , la semence doit être versée en petites quantités dans le réservoir pour éviter la ségrégation des semences de tailles différentes. L’opération d’enfouissement suivant le semis améliore grandement la germination, mais doit être faite avec précaution pour éviter d'enfouir trop profondément les semences, selon les espèces utilisées. 

Après 4 à 6 semaines de croissance, ou quand la culture de couverture atteint une hauteur satisfaisante, je recommande de faucher ou broyer le couvert végétal avant l’hiver. Il y a trois raisons à cela : premièrement, la graminée, présente dans la plupart des mélanges, lignifie sa tige au stade épiaison, et risque alors de former un paillis pouvant retarder le réchauffement du sol au printemps et compliquer les semis. Ensuite, les espèces ayant une courte saison de croissance, comme la moutarde, le sarrasin et le radis, pourraient monter en graines viables et se transformer en « mauvaises herbes » au printemps suivant. Finalement, les légumineuses qui fixent l’azote seront beaucoup plus efficaces si enfouies vertes. ll est à noter que le trèfle incarnat et le "ray grass" qui sont présents dans la plupart des mélanges, agissent plus fréquemment comme des annuelles dans nos conditions, et leur destruction est rarement nécessaire le printemps suivant puisqu'ils ne survivent pas à l'hiver.

En conclusion, je dirais que le sol est votre partenaire d’affaire le plus important. Offrez-lui des cultures de couverture pour lui permettre d’atteindre son plein potentiel, vous serez surpris des résultats tangibles que vous obtiendrez. Les conseillers Agrocentre sont formés pour vous guider à chaque étape de ce beau projet, n'hésitez pas à les consulter !

Références (et pour en apprendre d'avantage) : Le guide des cultures de couverture et intercalaires de Semican, Le webinaire « Des cultures de couverture pour la santé de vos sols… et de vos cultures » du MAPAQ, Webinaires du CRAAQ sur la santé des sols, entre autre le « Lancement - Guide des cultures de couverture en grandes cultures »

 


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