
La conjoncture économique agricole a connu des changements brusques au cours des récentes années. L’indice des prix des produits agricoles a enregistré une diminution importante. Jumelé à la hausse des taux d’intérêts et les prix élevés des intrants, ces facteurs ont grandement affecté le revenu net des entreprises agricoles. Cette baisse du revenu incite les producteurs à revoir leurs coûts ; mais attention, une diminution des intrants, ou une économie au niveau des pratiques culturales ne sont pas nécessairement gage d’une meilleure rentabilité. Il est crucial de bien fertiliser le sol et de bien gérer les ennemis des cultures afin de tirer le maximum de rendement.
Il est de plus en plus important pour les producteurs agricoles de connaître leur coût de production (CDP) afin de maximiser leurs bénéfices et de réduire leurs pertes potentielles. Ces chiffres sont indispensables pour déceler à l’avance les problèmes financiers qui pourraient survenir.
Le coût de production se compose des coûts fixes et des coûts variables. Les coûts fixes sont les dépenses comme les paiements de remboursement des prêts pour l’achat de terres et d’équipements, l’amortissement, l’impôt foncier et les retraits personnels. Les coûts variables comprennent les semences, l’engrais, les pesticides, le carburant et les réparations.
Le rendement peut être la variable la plus importante dans le calcul du coût de production par tonne produite pour les producteurs de cultures commerciales. Il faut le garder en tête en cours de saison, car la prise de mauvaises décisions peut grandement affecter la rentabilité de l’exploitation. Effectivement, si l’on veut sauver des coûts en diminuant les intrants, il faut être certain que ces économies n’affectent pas le rendement, car celui-ci est l’élément le plus important pour maximiser le profit par hectare !
Analysons 3 exemples de programmes de production qui pourraient être mis en place par un producteur. Les coûts sont en fonction des prix actuels.
À l’aide de l’outil AgConnexion (programme de cultures), une analyse du coût de production et du revenu par hectare de chacun des scénarios a été faite en fonction de la variation du rendement, en conservant les mêmes charges fixes pour chaque calcul. Des rendements de 8 tm/ha à 16 tm/ha ont été considérés, tout en supposant que le rendement maximal du programme intensif (C) sera plus élevé que ceux des programmes B et A. Le graphique ci-dessous démontre clairement que le coût de production par tonne produite baisse quand les rendements sont plus élevés, et ce peu importe le programme. Conséquemment, les revenus nets (marge en $/ha) augmentent lorsque le rendement croît.
*L’analyse a été faite avec un prix du maïs à 260$/TM.
En conclusion, dans un contexte économique toujours plus compétitif, il est essentiel pour les entreprises de maîtriser leur coût de production. Analyser et optimiser ses coûts permet de maximiser la rentabilité et ainsi assurer la pérennité de l’entreprise. Malgré la baisse des prix des grains et la compression des marges, il est essentiel de bien fertiliser et de prendre soin des cultures pour maintenir la rentabilité. Une gestion efficace des sols, des nutriments et des pratiques culturales permet de maximiser le rendement et d’assurer la viabilité économique des exploitations agricoles. Les producteurs doivent donc continuer à investir dans des pratiques agricoles durables et efficaces pour garantir leur succès à long terme.
*Les scénarios analysés ne sont pas des recommandations générales. Les recommandations de fertilisation et de phytoprotection doivent être adaptées et justifiées selon la réalité de chaque champ.