Gestion sécuritaire des pesticides, un exemple inspirant

En 2020, Les Fermes Rolland & Sylvain Pion inc. ont investi dans un entrepôt de pesticides chauffé et ventilé, une aire de rinçage des équipements de pulvérisation et un système de traitement des effluents phytosanitaires. Je vous présente leur système, avec l'espoir que certains se laisseront inspirer !

Au départ, les propriétaires voulaient des installations sécuritaires pour eux, faciles d’utilisation et réglementaires. L'ancien entrepôt, non chauffé, était trop proche de la rivière. Le remplissage du réservoir de l'arroseuse, à même l'eau du cours d'eau, donnait de bons résultats, mais impliquait aussi quelques contraintes, puisque selon le Code de gestion des pesticides, il n'est pas permis d'ouvrir un contenant de pesticide en vue de préparer la bouillie à moins de 30 mètres d'un lac ou cours d'eau. Il y a deux ans, les exploitants, soucieux de protéger leur environnement et leurs terres depuis plusieurs années déjà, ont décidé de mettre en place un système de récupération et de biofiltration des eaux souillées par les pesticides. Le système se compose d'une dalle de béton, pour le rinçage et le remplissage du pulvérisateur, qui récupère l'eau sale et l'achemine vers le module de traitement. L'eau souillée ainsi récupérée est ensuite acheminée dans le premier de trois grands bacs, positionnés l'un au-dessus de l'autre. Par gravité, l'eau percole d'un bac à l'autre, au travers un mélange de paille et de terre qui la filtre, et dégrade, par l'action des microorganismes présents dans la terre, les ingrédients actifs encore présents dans l'eau. Le biofiltre doit demeurer humide, l'apport d'effluent à faible débit est donc constant, et l'eau repasse plusieurs fois au travers le biofiltre, jusqu'à être parfaitement propre.

Ce système en soit représente une grande avancée dans la gestion sécuritaire des pesticides sur la ferme, et les exploitants apprécient le double usage de la dalle, qui sert aussi d'aire de stationnement pour l'arroseuse lorsqu'elle n'est pas utilisée. Mais les améliorations ne se sont pas arrêtées là ! Pour remplacer l'approvisionnement en eau qui se faisait majoritairement du cours d'eau, des gouttières ont été installées le long de la toiture d'un grand bâtiment servant à l'entreposage de la machinerie et de la récolte de foin. L'eau de pluie ainsi récupérée est conservée dans 3 grands réservoirs opaques d'une capacité totale de 21 000 litres, et sert à la préparation des bouillies. Depuis 2 ans, avec les sécheresses qu'on connaît, le niveau d'eau dans le cours d'eau est bas, et les frères Pion sont heureux d'avoir une réserve d'eau de qualité pour les pulvérisations. Mine de rien, 1 pouce de pluie sur leur surface de toiture, ça donne tout de même 13 000 litres d'eau propre. Selon leurs registres d'arrosage, les précipitations moyennes des dernières années sont suffisantes pour couvrir leur besoin en eau.

Finalement, ils ont également construit un nouvel entrepôt pour les pesticides. Ce dernier est chauffé, adéquatement ventilé, muni d'un plancher et de bas de murs étanches en béton, qui confèrent une capacité de rétention suffisante pour y entreposer une bonne quantité de pesticides sur une longue période. Les cruches et les caisses sont bien rangées sur des étagères, l'espace est propre et il est facile de s'y retrouver. De plus, à l'extérieur, il y a un lavabo pour le lavage des mains, et même des crochets vissés au mur qui permettent d'enfiler ou de retirer les gants de protection sans être en contact avec le contaminant ! André Pion confirme qu'il est beaucoup plus facile d'utiliser les équipements de protection depuis qu'ils sont à portée de main. Les nouvelles installations sont donc plus sécuritaires pour l'environnement, mais aussi pour la santé de l'utilisateur !

De l'aide financière est disponible via le programme Prime-Vert du MAPAQ pour les équipements et pratiques qui visent la réduction des risques liés aux pesticides, informez-vous !


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